Garantie de livraison en CCMI : ce qu’elle couvre vraiment
La garantie de livraison est la protection propre au contrat de construction de maison individuelle. Si le constructeur fait défaut, un garant prend le relais pour que la maison soit achevée au prix et dans les délais convenus. Encore faut il savoir ce qu’elle couvre, et la vérifier avant le début du chantier.
Construction CCMI
Obligatoire en contrat de construction de maison individuelle, la garantie de livraison à prix et délais convenus est fournie par une banque ou une compagnie d’assurance. En cas de défaillance du constructeur, le garant prend en charge les dépassements de prix nécessaires à l’achèvement, avec une franchise possible d’au plus 5 %, et les pénalités de retard au delà de trente jours. Elle prend fin à la réception, ou à la levée des réserves.
Pas d’attestation de garantie de livraison, pas d’ouverture de chantier.
Ce que couvre la garantie de livraison
La garantie de livraison, prévue par l’article L231-6 du Code de la construction et de l’habitation, couvre le maître d’ouvrage contre les risques d’inexécution ou de mauvaise exécution des travaux prévus au contrat, à prix et délais convenus. Elle est fournie par un établissement de crédit ou une entreprise d’assurance agréés, qui s’engage aux côtés du constructeur et prend le relais si celui ci fait défaut.
En cas de défaillance, le garant prend à sa charge le coût des dépassements du prix convenu nécessaires à l’achèvement de la construction, les conséquences d’un paiement anticipé ou d’un supplément de prix imposé par le constructeur, et les pénalités forfaitaires prévues au contrat lorsque le retard de livraison dépasse trente jours. Il désigne en principe une entreprise pour terminer les travaux. Le garant ne redéfinit pas le projet : il fait achever la maison telle qu’elle est décrite au contrat et dans la notice, au prix convenu, sous réserve de la franchise éventuelle.
Quand et comment le garant intervient
Si le délai de livraison n’est pas respecté, ou si les travaux nécessaires à la levée des réserves formulées à la réception ne sont pas réalisés, le garant met en demeure le constructeur de livrer la maison ou d’exécuter les travaux. Il le fait lorsqu’il constate lui même ces faits, ou lorsque le maître d’ouvrage l’en informe. Quinze jours après une mise en demeure restée sans effet, le garant exécute ses obligations.
En cas de liquidation judiciaire du constructeur ou d’abandon du chantier, informez le garant sans attendre, par lettre recommandée, en joignant le contrat, l’attestation de garantie, les appels de fonds réglés et des photographies du chantier. Le garant fait alors terminer les travaux par une autre entreprise, et il peut percevoir directement les sommes correspondant aux travaux qu’il fait exécuter. Continuez à documenter la situation : date du dernier passage des ouvriers, état des protections du chantier, matériaux livrés et non posés. Un chantier abandonné se dégrade vite, surtout avant la mise hors d’eau : signalez au garant les mesures conservatoires nécessaires.
Franchise, pénalités et fin de la garantie
La prise en charge des dépassements de prix peut être assortie d’une franchise, qui ne peut excéder 5 % du prix convenu. Les pénalités de retard ne sont prises en charge par le garant qu’au delà de trente jours de retard. La garantie ne couvre que les travaux prévus au contrat : les travaux que vous vous êtes réservés, ou commandés à d’autres entreprises, n’en relèvent pas.
La garantie cesse lorsque la réception est constatée par écrit et, si le maître d’ouvrage n’était pas assisté, à l’expiration du délai de huit jours ouvert pour signaler les vices apparents, ou, si des réserves ont été formulées, lorsqu’elles ont été levées. Après cette date, les désordres relèvent des garanties légales : parfait achèvement, biennale, décennale. Ce passage de relais se prépare dès la réception : chaque réserve levée se constate par écrit, ce qui fixe la date de fin de la garantie de livraison.

L’attestation de garantie de livraison se vérifie avant l’ouverture du chantier.
Avant de signer et avant l’ouverture du chantier
La garantie de livraison fait partie des conditions suspensives du contrat, avec l’obtention du permis de construire, des prêts et de l’assurance dommages ouvrage. Tant que l’attestation ne vous a pas été remise, le chantier ne doit pas démarrer et aucun appel de fonds lié aux travaux ne doit être réglé. Méfiez vous d’un constructeur qui propose de commencer en attendant les documents.
Lisez l’attestation : elle désigne le garant, le constructeur, votre contrat, l’adresse de la construction et le prix garanti. Vérifiez que l’établissement est agréé, sur les registres de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution, et que le prix indiqué correspond à celui du contrat. Conservez l’original avec le contrat : c’est la pièce à produire en cas de défaillance. Appliquez la même rigueur à l’assurance dommages ouvrage : son attestation doit être en votre possession avant l’ouverture du chantier, avec le numéro de contrat et l’adresse de la construction.
Remboursement, dommages ouvrage et garanties légales
Les sommes versées avant l’ouverture du chantier sont encadrées par la réglementation et peuvent être couvertes par une garantie de remboursement, qui vous restitue votre versement si le contrat n’aboutit pas. L’assurance dommages ouvrage, obligatoire pour le maître d’ouvrage, préfinance la réparation des désordres de nature décennale après la réception, et dans certains cas avant.
Le constructeur doit justifier de son assurance de responsabilité décennale, dont l’attestation précise les activités couvertes. Ces garanties se complètent : la garantie de livraison protège jusqu’à la réception et la levée des réserves, les garanties légales et l’assurance dommages ouvrage prennent ensuite le relais. Notre article sur la réception et la consignation détaille le passage de l’une aux autres.
Un expert pour sécuriser chaque étape
Un expert indépendant du constructeur peut relire le contrat, la notice et les attestations avant la signature, puis suivre le chantier étape par étape. En cas de défaillance du constructeur, un constat de l’état du chantier, avec la liste des travaux réalisés, des malfaçons et des travaux restants, photographies à l’appui, aide à faire valoir vos droits auprès du garant et de l’entreprise qui reprend les travaux. Des constructeurs de maisons individuelles ont connu des difficultés financières ces dernières années : ce suivi documenté protège vos intérêts quelle que soit l’issue.
Notre assistance CCMI intervient dans toutes les communes de l’Ardèche, des fondations à la réception. Les prix figurent sur la page nos tarifs. Lisez aussi notre article sur la conformité au permis de construire.

En cas de défaillance, l’état du chantier se constate avant la reprise des travaux.
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Questions fréquentes
La garantie de livraison est elle obligatoire ?
Oui, pour tout contrat de construction de maison individuelle.
Que couvre la garantie de livraison ?
Les dépassements de prix nécessaires à l’achèvement, avec une franchise d’au plus 5 %, et les pénalités au delà de trente jours de retard.
Quand prend fin la garantie de livraison ?
À la réception constatée par écrit, après le délai de huit jours si vous n’étiez pas assisté, ou à la levée des réserves.
Que faire si mon constructeur fait faillite ?
Informer le garant par lettre recommandée, avec le contrat, l’attestation, les paiements et des photographies du chantier.
Le chantier peut il commencer sans attestation ?
Non, la garantie de livraison fait partie des conditions suspensives du contrat.
Pouvez vous constater l’état d’un chantier abandonné ?
Oui, dans toute l’Ardèche, avec un constat détaillé des travaux réalisés, des malfaçons et des travaux restants.
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Sources
- Code de la construction et de l’habitation, articles L231-4 et L231-6, Légifrance
- Code des assurances, article L242-1, assurance dommages ouvrage, Légifrance
- Service-Public.fr, contrat de construction de maison individuelle




