Conformité au permis de construire : déclaration d’achèvement et récolement
Une maison bien construite peut poser problème si elle ne correspond pas au permis de construire. Implantation, hauteur, ouvertures, aspect extérieur : la conformité se vérifie pendant le chantier, se déclare à l’achèvement et compte jusqu’à la revente.
Construction CCMI
Le permis de construire autorise un projet précis. À l’achèvement, le titulaire du permis dépose en mairie la déclaration attestant l’achèvement et la conformité des travaux, accompagnée pour une maison neuve de l’attestation de prise en compte de la réglementation environnementale. La mairie dispose de trois mois pour contester la conformité, cinq mois lorsque le récolement est obligatoire.
Toute modification visible de l’extérieur se régularise avant d’être réalisée, pas après.
Pourquoi la conformité au permis vous concerne
Le permis de construire autorise un projet précis : implantation sur le terrain, hauteur, surface, aspect des façades, ouvertures, matériaux et couleurs. La maison construite doit y correspondre. En contrat de construction de maison individuelle, le constructeur réalise la maison sur la base du permis obtenu, mais c’est vous, titulaire du permis, qui déclarez l’achèvement et la conformité des travaux à la mairie.
Une non conformité peut avoir des conséquences longtemps après la construction : contestation de la conformité par la mairie, demande de régularisation, difficultés lors d’une revente, voire action d’un voisin qui s’estime lésé. Un écart d’implantation de quelques dizaines de centimètres par rapport à une limite séparative peut suffire à poser problème si la règle de recul du plan local d’urbanisme n’est pas respectée. Dans les communes couvertes par un plan de prévention des risques d’inondation, le niveau du plancher habitable fixé par le permis compte doublement : il conditionne la conformité et la protection de la maison lors d’une crue.
Les non conformités que l’on rencontre
Implantation décalée ou mal orientée, hauteur à l’égout ou au faîtage supérieure à celle du permis, plancher bas plus haut que prévu sur un terrain en pente, ouvertures déplacées, ajoutées ou agrandies, teinte d’enduit ou de menuiserie différente, garage transformé en pièce de vie, surface augmentée : chaque écart s’apprécie par rapport au permis et au règlement du plan local d’urbanisme applicable.
Certains écarts sont décidés en cours de chantier, à la demande du maître d’ouvrage ou du constructeur. Toute modification visible de l’extérieur, ou qui change la surface ou la hauteur, se régularise par un permis modificatif avant d’être réalisée. Un accord verbal avec le conducteur de travaux ne vaut pas autorisation d’urbanisme, et il ne vous protège pas en cas de contestation. Les éléments ajoutés après la réception relèvent aussi des règles d’urbanisme : un abri de jardin, une piscine, une clôture ou une extension demandent, selon leur taille et la commune, une déclaration préalable ou un permis.
Vérifier la conformité au fil des étapes
L’implantation se contrôle dès les fondations : position de la maison par rapport aux limites et à la voie, altitude du plancher bas, orientation. Un piquetage réalisé par un géomètre, sur la base du plan de masse du permis, limite les erreurs. À la visite des fondations, on compare les distances et les niveaux relevés sur le terrain avec ceux du plan de masse et des coupes.
À la visite du gros œuvre, on vérifie la hauteur des murs et des pignons, la position et les dimensions des ouvertures. À la réception, on compare l’aspect extérieur avec les pièces du permis : façades, couleurs, menuiseries, toiture, clôtures prévues. Un écart constaté se réserve au procès verbal, au même titre qu’un défaut d’exécution, et sa reprise se demande par écrit. Notez les cotes relevées dans le compte rendu de visite : en cas de discussion ultérieure, elles montrent ce qui a été construit et à quel moment.

L’implantation de la maison se compare au plan de masse dès les fondations.
La déclaration d’achèvement et de conformité
Une fois les travaux achevés, le titulaire du permis dépose en mairie la déclaration attestant l’achèvement et la conformité des travaux, appelée DAACT. Pour une maison neuve, elle est accompagnée de l’attestation de prise en compte de la réglementation environnementale, établie par un professionnel habilité. Le constructeur peut préparer ces documents ; c’est néanmoins vous qui signez la déclaration et qui en répondez. La déclaration porte en principe sur l’ensemble des travaux autorisés par le permis, y compris ceux que vous réalisez vous même, comme les clôtures ou les aménagements extérieurs prévus au dossier.
À compter de la réception de la déclaration, la mairie dispose de trois mois pour contester la conformité des travaux, délai porté à cinq mois lorsque le récolement est obligatoire, par exemple dans un secteur couvert par un plan de prévention des risques. Passé ce délai sans contestation, vous pouvez demander une attestation de non contestation de la conformité, utile lors d’une revente.
En cas de non conformité
Si la mairie constate une non conformité, elle peut mettre en demeure le titulaire du permis de déposer un dossier de régularisation ou de mettre les travaux en conformité. Selon la nature de l’écart, la régularisation passe par un nouveau permis de construire, lorsque l’écart est autorisable au regard des règles d’urbanisme, ou par des travaux de mise en conformité. Si l’écart vient du constructeur, la reprise relève de ses obligations contractuelles.
Au moment d’une revente, le notaire de l’acquéreur peut demander le permis, la déclaration d’achèvement et l’attestation de non contestation. Un dossier complet facilite la vente ; un écart non régularisé peut la retarder ou peser sur la négociation. Conservez l’ensemble de ces documents avec le dossier de construction, les plans et les procès verbaux. Une attestation de non contestation, jointe au dossier de vente, rassure l’acquéreur et son notaire sur la régularité de la construction.
Un contrôle indépendant de la conformité
Un expert indépendant du constructeur compare la maison aux pièces du permis à chaque étape clé : implantation et niveaux aux fondations, hauteurs et ouvertures au gros œuvre, aspect extérieur à la réception. Il signale les écarts au moment où ils peuvent encore être corrigés simplement, et il vous aide à formuler des réserves précises le jour de la réception. Ses comptes rendus datés, avec photographies et cotes, constituent une trace utile si la conformité est discutée plus tard.
Notre assistance CCMI intervient dans toutes les communes de l’Ardèche. Les prix figurent sur la page nos tarifs. Lisez aussi nos articles sur la réception et les réserves et sur les terrains en pente, où les écarts de niveau sont plus délicats à maîtriser.

Les ouvertures se contrôlent au gros œuvre par rapport aux façades du permis.
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Questions fréquentes
Qui dépose la déclaration d’achèvement ?
Le titulaire du permis de construire, en mairie, une fois les travaux achevés.
Quel délai pour contester la conformité ?
Trois mois après la réception de la déclaration par la mairie, cinq mois si le récolement est obligatoire.
Peut on modifier une fenêtre en cours de chantier ?
Oui, à condition d’obtenir au préalable un permis modificatif lorsque la modification est visible de l’extérieur.
Qu’est ce que l’attestation de non contestation ?
Un document délivré par la mairie qui confirme qu’elle n’a pas contesté la conformité des travaux.
Que faire si la maison n’est pas conforme au permis ?
Réserver l’écart à la réception, demander la mise en conformité au constructeur et, si besoin, régulariser l’autorisation.
Vérifiez vous la conformité au permis ?
Oui, lors des visites de chantier et à la réception, dans toutes les communes de l’Ardèche.
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Sources
- Code de l’urbanisme, articles R462-1 à R462-10, achèvement et conformité des travaux, Légifrance
- Service-Public.fr, déclaration attestant l’achèvement et la conformité des travaux
- Code de la construction et de l’habitation, attestation de respect de la réglementation environnementale, Légifrance




