Radon dans une maison ardéchoise : comprendre le potentiel, mesurer et agir
Le radon ne se voit pas, ne se sent pas et ne laisse aucune trace sur les murs. C’est pourtant un enjeu réel dans une large part de l’Ardèche, où les granites, les gneiss et certaines roches volcaniques du sous sol en émettent naturellement. Annonay, Tournon-sur-Rhône, Lamastre, Le Cheylard, Saint-Agrève, Vals-les-Bains ou Les Vans font partie des communes classées en potentiel radon de catégorie 3, le plus élevé.
Humidité
Le radon est un gaz radioactif naturel issu du sous sol granitique et volcanique, qui peut s’accumuler dans les pièces basses des maisons mal ventilées. En Ardèche, une large part des communes est classée en potentiel de catégorie 3. Le niveau de référence est de 300 becquerels par mètre cube en moyenne annuelle. La seule façon de connaître l’exposition d’une maison est de mesurer, pendant au moins deux mois en période de chauffage, puis d’agir si nécessaire par la ventilation et l’étanchéité des points d’entrée.
Le radon se mesure, il ne se devine pas : deux maisons voisines peuvent avoir des concentrations très différentes.
Un gaz naturel venu du sous sol
Le radon provient de la désintégration de l’uranium présent dans certaines roches, en particulier les granites et les roches volcaniques. Il migre à travers les sols fissurés et s’échappe dans l’air. À l’extérieur, il se dilue rapidement ; à l’intérieur d’un bâtiment, il peut s’accumuler, surtout dans les caves, les rez de chaussée et les pièces en contact avec le sol, lorsque la ventilation est faible. Sa concentration varie selon la saison, l’heure, la météo et la ventilation, ce qui explique la durée nécessaire de la mesure.
Les autorités sanitaires le considèrent comme la deuxième cause de cancer du poumon après le tabac, le risque augmentant avec la concentration et la durée d’exposition, et étant renforcé chez les fumeurs. Ce n’est pas un risque immédiat, mais une exposition prolongée à des concentrations élevées, dans le logement où l’on passe la majorité de son temps, mérite d’être évitée. Le risque concerne aussi les non fumeurs.
Un département largement concerné
Le zonage réglementaire classe chaque commune selon le potentiel radon de son sous sol, de la catégorie 1, faible, à la catégorie 3, significatif. En Ardèche, les terrains granitiques et métamorphiques du nord et de l’ouest, Haut-Vivarais, Boutières, plateau, ainsi qu’une partie des Cévennes ardéchoises, sont largement en catégorie 3 : c’est le cas d’Annonay, de Tournon-sur-Rhône, de Guilherand-Granges, de Lamastre, du Cheylard, de Saint-Agrève ou des Vans.
Les communes calcaires du sud, comme Aubenas, Viviers, Ruoms ou Bourg-Saint-Andéol, sont classées en catégorie 1, et d’autres en catégorie 2, comme Privas ou Le Teil. Ce classement indique une probabilité, pas une mesure : une maison en catégorie 3 peut présenter une concentration faible, et une maison en catégorie 1 une concentration plus élevée selon sa construction. Le potentiel de votre commune est consultable sur Géorisques. Pour une maison ancienne en pierre posée sur le granite, la mesure est particulièrement recommandée.
Mesurer pour savoir
La mesure se fait avec des détecteurs passifs, des dosimètres, posés pendant au moins deux mois en période de chauffage, de mi septembre à fin avril, dans les pièces de vie les plus basses, séjour et chambres. Ils sont ensuite analysés par un laboratoire, qui fournit une concentration moyenne. Des détecteurs électroniques permettent un suivi en continu, utile pour comprendre les variations. Les détecteurs doivent être posés loin des fenêtres, des radiateurs et des courants d’air, à hauteur d’homme.
Le résultat se compare au niveau de référence de 300 becquerels par mètre cube en moyenne annuelle. En dessous, des gestes simples d’aération suffisent. Au dessus, des actions correctives sont recommandées, d’autant plus rapidement que la concentration est élevée. Les dosimètres peuvent être commandés auprès de laboratoires ou d’organismes spécialisés, et des campagnes de mesure sont parfois proposées localement.

Un détecteur passif posé deux mois en hiver mesure la concentration moyenne de radon.
Comment le radon entre dans une maison
Le radon pénètre par tout ce qui met l’intérieur en contact avec le sol : caves en terre battue, dallages fissurés, joints entre dalle et murs, passages de canalisations et de câbles, regards, vides sanitaires mal ventilés. Les maisons anciennes en pierre, aux rez de chaussée et caves en contact direct avec le terrain granitique, y sont particulièrement exposées. Les pièces semi enterrées aménagées en chambres sont les plus exposées.
L’effet de cheminée aggrave l’entrée : en hiver, l’air chaud qui monte dans la maison aspire l’air du sol par les parties basses. Une rénovation qui rend la maison plus étanche à l’air, sans ventilation adaptée, peut augmenter la concentration intérieure. C’est un point à intégrer à tout projet d’isolation ou de remplacement des menuiseries.
Réduire l’exposition
Les premières mesures sont simples : aérer quotidiennement, ne pas obstruer les entrées d’air, ventiler les caves et les vides sanitaires, colmater les fissures des dallages et les passages de réseaux. Une ventilation mécanique adaptée améliore le renouvellement de l’air. Ces actions suffisent lorsque la concentration dépasse modérément le niveau de référence. Une cave en terre battue peut être recouverte d’une membrane étanche ventilée.
Pour des concentrations plus élevées, la technique la plus efficace consiste à mettre le sol sous la maison en légère dépression, à l’aide d’un ventilateur qui aspire l’air sous la dalle ou dans le vide sanitaire et le rejette à l’extérieur. Ces travaux relèvent de professionnels. Une nouvelle mesure, après travaux, permet de vérifier leur efficacité. Pour une construction neuve en catégorie 3, une barrière étanche sous la dalle et un vide sanitaire ventilé limitent le risque dès l’origine.
Intégrer le radon à vos projets
Dans les communes de catégorie 3, l’information sur le radon fait partie de l’état des risques remis à l’acquéreur ou au locataire. Ce n’est pas une mesure : seule une mesure dans la maison renseigne sur la situation réelle, et elle peut être faite après l’achat, pendant la saison de chauffage. Notre bilan avant achat examine les caves, les sols et la ventilation, qui conditionnent l’exposition. Le coût d’une mesure reste modeste au regard de l’enjeu.
Lors d’une rénovation, l’isolation, le changement des fenêtres ou l’aménagement d’un rez de chaussée sont l’occasion de traiter les voies d’entrée et la ventilation. Notre article sur l’isolation d’une maison ancienne rappelle l’importance de la ventilation, et notre expertise humidité examine les caves et les sols, liés en partie aux mêmes causes.

L’étanchéité des sols et la ventilation des parties basses réduisent l’entrée du radon.
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Questions fréquentes
Ma commune est elle concernée par le radon ?
Le potentiel radon de chaque commune est consultable sur Géorisques ; une large part de l’Ardèche est en catégorie 3.
Comment mesurer le radon chez moi ?
Avec des dosimètres posés au moins deux mois en période de chauffage dans les pièces de vie basses, puis analysés par un laboratoire.
Quel est le niveau à ne pas dépasser ?
Le niveau de référence est de 300 becquerels par mètre cube en moyenne annuelle.
Le radon est il signalé lors d’une vente ?
Dans les communes de catégorie 3, l’information figure dans l’état des risques remis à l’acquéreur.
Comment réduire le radon dans une maison ?
Aérer, ventiler, colmater les entrées par le sol et, si nécessaire, mettre le sol sous la maison en dépression.
L’expert en bâtiment mesure t il le radon ?
La mesure relève de dosimètres analysés en laboratoire ; l’expert examine les voies d’entrée et la ventilation du bâtiment.
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Sources
- Code de la santé publique, niveau de référence radon, Légifrance
- Géorisques, potentiel radon des communes
- Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection, radon dans l’habitat




